Note sur le design

Pourquoi ces images,
pourquoi cette mise en page ?

Les photographies de l’entête s’inspirent du baroque flamand (Rembrandt, Vermeer, Frans Hals). Elles puisent dans la tradition des portraits de corporations flamandes. Elles ont pour vocation d’évoquer l’exigence et la rigueur, nécessité par la pratique du Kung fu Pak Mei. La pensée occidentale conçoit mal la dimension culturelle de cet art qui est tout sauf un sport. Ces photographies apportent la dimension culturelle et artistique des pratiques du corps, à la fois spirituelles, morales, et liées à la santé sans pour autant qu’un de ces aspects ne priment.

Le parti pris de mise en page fusionne deux tendances totalement anachroniques. Il s’inspire à la fois du baroque français pour le choix de la forme des lettres et du style international pour la mise en page. La typographie convoque à la fois la rigueur et la virtuosité du baroque et le souci de dépasser les frontières culturelles imposées par les langages visuels.

La virtuosité du baroque Le baroque en typographie se caractérise par le renforcement du contraste entre plein et délié. Le souci de la virtuosité tente de réconcilier la lettre et le mouvement calligraphique alors que la Renaissance cherchait la perfection mathématique. Il est souvent établi un rapport formel entre la tendance au clair-obscur en peinture et se plein de la lettre, très noir. Le caractère utilisé ici n’a rien d’historiquement baroque. Il s’inspire librement de caractères français et hollandais de cette époque. Ce caractère synthétise pourtant l’esprit de cette époque à merveille.

Il est ici employé pour faire écho aux références picturales de l’iconographie du site.

Il faut noter également que la fin du XVIIe siècle en Europe connaît un intérêt prononcé pour ce que l’on appelle alors les chinoiseries. Les comptoirs d’Asie importent des objets divers venu de Chine mais aussi du Japon et de l’Inde qui sont appelés indifférement « chinoiseries ». L’analogie entre la calligraphie chinoise et la forme virtuose des caractères baroques n’a jamais été établie mais une étrange ressemblance perdura jusque dans les gravures rococo du XVIIIe siècle.

Le modernisme du Style International

Le style international est un mouvement de design graphique apparu dans les années 1920. Son ambition est de poursuivre les idées engagées par l’avant-garde russe, aussi appelée constructivisme russe. Ils s’inscrivent dans une rupture avec l’idéologie du Bauhaus, trop spiritualiste pour eux (cf. Otl Aïcher). Le style international se distingue par la volonté de designer des objets graphiques laissant place à l’information. Ils tentent d’évacuer la notion de style pour laisser place aux données (informations textuelles). Ils sont largement influencés par l’informatique naissante, dans les théories de la cybernétique et de l’information notamment (voir Von Neumann et Shannon). Ils préfigurent une pensée formelle synthétique et neutre qui sera le symbole de la société de consommation des années 50 et 60. Le style international se caractérise également par le fait qu’il a participé activement à l’essor de l’industrie culturelle américaine et à la mondialisation. Les premiers succès avérés du mouvement sont les systèmes de pictogrammes créent pour les jeux olympiques ou pour les aéroports. Ces deux contextes de communication conviennent parfaitement à l’idéologie de ce mouvement qui souhaite imposer un langage visuel sans frontières.

Ce mouvement n’utilise alors qu’un petit nombre de caractères typographiques. Un, particulièrement, a été nommé en leur honneur « Helvetica ». Le style international est aussi familièrement appelé style suisse, pour son goût de la neutralité et le grand nombre de graphiste d’origine suisse suivant ce « dogme ». L’Helvetica est aujourd’hui le caractère typographique le plus utilisé dans le monde. Les plus grandes marques l’utilisent. Il a fait l’objet d’un documentaire, long métrage, « Helvetica » de Gary Hustwit.

Parmi les plus influents :

Josef Müller-Brockmann
Wim Crouwel
Adrian Frutiger
Jean Widmer
Massimo Vignelli
Paul Rand (modernisme américain)

Leur approche sert ici à structurer la mise en page de manière géométrique grâce à des grilles d’empagements asymétriques.

Direction de production

Matthieu Marchal

Direction artistique / stratégique

Jehan Aucompte

Recherche et création

Josiane Hermanne

Documentation et recherche journalistique

Jérôme Loisy
Alix Nicolas

Photographie

Beedi
www.beedi.net

Photographies

Caroline Fayette, Jean-Baptiste Gurliat, Beedi

Maquette / dessin / dessein / design

Jehan Aucompte

Caractère typographique

Le “Meno” dessiné par Richard Lipton

Remerciements

Merci à Benjamin Culos de nous avoir donné la possibilité de mener à bien ce projet avec l’exigence et le souci du détail qui le caractérise. Merci à David Peys, directeur de l’atelier 26 de nous avoir prêté ses locaux et son matériel. Merci à Juliette Leïby pour nous avoir permis de réaliser des photographies de groupe confortablement. Nous remercions également l’ensemble des élèves, disciples en devenir, qui ont participé aux photographies.